Chronique | Coupe Stanley : la rétro-ingénierie favorise encore les Oilers
« L’attaque offre un bon spectacle, mais c’est la défense qui remporte les championnats », dit un vieil adage qui s’applique à la plupart des sports collectifs. Curieusement, toutefois, cette affirmation ne s’avère plus quand la finale de la Coupe Stanley commence. Les statistiques démontrent clairement qu’il faut exceller en défense pour se tailler une place en séries éliminatoires dans la LNH. Bon an, mal an, entre 75 % et 87,5 % des 16 meilleures équipes défensives du calendrier régulier participent au tournoi printanier. Cette saison le Canadien (22e) était d’ailleurs la seule équipe exclue du top-16 défensif à participer aux séries. Logiquement, une fois que les meilleures équipes défensives sont réunies sur le même plancher de danse, c’est l’attaque qui fait très souvent la différence entre une élimination et un parcours plus long. Ainsi, lorsqu’on décortique les finales des 10 dernières années, on constate : - Que l’équipe finaliste ayant accordé le moins de buts lors des trois premiers tours a remporté la coupe dans 40 % des cas. - Que l’équipe finaliste misant sur la meilleure unité de désavantage numérique (toujours lors des trois premiers tours) l’a emporté dans seulement 20 % des cas. - Que l’équipe alignant le gardien qui a maintenu la meilleure moyenne d’efficacité a remporté la coupe dans 50 % des cas. - Que l’équipe la plus efficace en avantage numérique ne l’a emporté que dans 40 % des cas. - Que l’équipe misant sur le meilleur marqueur (parmi les deux équipes finalistes) a remporté la coupe dans 50 % des cas. - Que l’équipe ayant marqué le plus de buts (en moyenne par rencontre) lors des trois premiers tours a remporté la coupe dans 70 % des cas. En résumé, le rendement des unités spéciales ne pèse pas aussi lourd que le jeu à 5 contre 5 pour se rendre en finale. Et comme on le soulignait plus haut, en présence d’excellentes équipes défensives, c’est l’attaque qui sépare le bon grain de l’ivraie. En séries cette année, toutes les statistiques défensives avantagent les Panthers de la Floride, tandis que tous les facteurs offensifs penchent en faveur des Oilers d’Edmonton. Les Panthers ont accordé moins de buts en moyenne (2,29) que les Oilers (2,81). Leur désavantage numérique s’est avéré efficace dans une proportion de 87,9 % comparativement à la décevante unité des Oilers (66 %). Et le gardien floridien Sergei Bobrovsky (,912) a maintenu une moyenne d’efficacité légèrement supérieure à celle de Stuart Skinner (,904) du côté des Oilers. Toutes les statistiques défensives avantagent les Panthers de la Floride, tandis que tous les facteurs offensifs penchent en faveur des Oilers d’Edmonton. Photo : Getty Images / Bruce Bennett Pour leur part, les Oilers affichent la meilleure attaque avec une moyenne de 4,06 buts par rencontre, comparativement à 3,88 pour les Panthers. Depuis le début de l’ère du plafond salarial (en 2005) les deux seules équipes à avoir maintenu des moyennes de 4,00 buts ou plus marqués par match (Colorado et Vegas) ont remporté la coupe Stanley. Soulignons par ailleurs que même en l’absence de Zach Hyman (blessure nécessitant une chirurgie), les Oilers miseront en finale sur 4 des 10 meilleurs buteurs des séries éliminatoires à 5 contre 5 : Connor McDavid, Evander Kane, Connor Brown et Leon Draisaitl. Pour leur part, les Panthers en alignent un seul (Sam Bennett) tandis que leur meilleur marqueur, Sam Reinhart, jouera en dépit d’une blessure. Tout cela pour dire que pour une deuxième année de suite, les Oilers ont dans leur manche les atouts les plus significatifs pour une équipe finaliste. En fait, ils sont encore mieux équipés que l’an dernier puisqu’ils ont ajouté plus d’un demi-but par match à leur moyenne offensive (4,06 comparativement à 3,50 l’an dernier). Si l’attaque est aussi discriminante lorsqu’on arrive à l’étape finale, pourquoi les Oilers n’ont-ils pas remporté la coupe Stanley en 2024? C’est une excellente question qui nous permet de rappeler que les Oilers ont perdu dans des circonstances exceptionnelles le printemps dernier. Peu de gens s’en souviennent, mais l’équipe albertaine a effectivement marqué plus de buts que les Panthers durant la finale de 2024. Cette série avait par ailleurs nécessité la présentation d’un septième match. Or, c’était seulement la quatrième fois en 50 ans que l’équipe qui marquait le moins de buts en finale soulevait la coupe Stanley. Une fois de plus, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les Oilers marquent davantage de buts que les Panthers cette année. Ceux qui ont vu Edmonton tailler en pièces les 2e (Los Angeles), 3e (Vegas) et 6e (Dallas) meilleures défenses de la LNH au cours des dernières semaines peuvent en témoigner. En revanche, les chances qu’ils soient à nouveau victimes d’une rare anomalie statistique apparaissent beaucoup plus minces. Encore une fois, la coupe semble donc avoir de très bonnes chances de revenir au Canada.
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